samedi 4 novembre : La Servante / Kim Ki-young

La Servante est inspirée d’un fait divers. Dong-sik enseigne le piano à des ouvrières d’une grande usine de textile. Jeune et séduisant, il fait chavirer le cœur de ses élèves et c’est ainsi qu’il provoque le renvoi d’une des ouvrières qui a eu l’audace de lui avouer son amour. Dong-sik, pris de remords, décide alors d’embaucher comme servante une autre de ces ouvrières à la demande d’une autre camarade à qui il donne des leçons particulières. La femme de Dong-sik attend un troisième enfant et ils viennent d’emménager dans une nouvelle maison encore en travaux, aussi une aide extérieure est la bienvenue. Mais la jeune fille se révèle étrange et insaisissable. Elle espionne les faits et gestes de Dong-sik, commence à jalouser son amie qu’elle trouve bien entreprenante et devient menaçante avec les enfants et l’épouse de son employeur…
Kim Ki-young tire de ce récit classique une œuvre trouble et dérangeante. Il appuie sur le sadisme et la cruauté des situations, transforme son héroïne en figure démoniaque, érotique et perverse, et surtout refuse de se cantonner à un genre spécifique. Le film navigue ainsi d’un style à un autre, passant de la critique sociale à la satire, de l’humour noir au drame intimiste. La bande-son, détonnant mélange entre ritournelles sirupeuses et mélodies anxiogènes et grinçantes, joue également sur les frontières poreuses entre farce et horreur, drame et pantalonnade. Une œuvre et un propos qui résonnent fortement avec The Servant de Joseph Losey et Théorème de Pasolini, réalisés quelques années plus tard… respectivement en 1963 et 1968 !

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Kim Ki-young
La Servante / 1960

Fiche détaillé Wikipédia

Pour aller plus loin, notes sur DVDClassik et Critikat

samedi 4 novembre 18h
Maison de quartier Gérard Rinçon
30 rue Ernest Savart – Montreuil

Les prochains films de la saison

La Servante aff

samedi 7 octobre : Tatie Danielle / Etienne Chatiliez

Elle crache dans la soupe, étale du yaourt sur le tapis, fait semblant de pisser au lit et frappe les murs de sa canne en pleine nuit. Plus on lui ­manifeste gentillesse, indulgence et sollicitude, plus on s’attire ­répliques cinglantes, réponses haineuses, ­humiliations sadiques. Dans la galerie des monstres, tatie Danielle est championne toutes catégories. Mais, un jour, la poison tombe sur un bec… Après les Le Quesnoy et les Groseille, voici l’histoire de la terrible Mme Billard, veuve de colonel, qui, à la mort de son principal souffre-douleur, Odile, sa gouvernante, est secourue par ses charmants neveux. Avec Tatie Danielle, Etienne Chatiliez élargit le champ de bataille, celui de la tyrannie domestique. Un regard féroce, implacable et finalement jouissif : on jubile de voir ce personnage qui ose des choses que nous aimerions parfois faire sans passer à l’acte… C’est ce que, en termes psychanalytiques on appelle une catharsis !

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Etienne Chatiliez
Tatie Danielle / 1990

Fiche détaillée sur Wikipédia

Tatie Danielle aff

 

samedi 10 juin : Les Amants électriques / Bill Plympton

Les Amants électriques raconte les déboires d’un jeune couple, Jake et Ella, face à l’infidélité présumée de l’autre. Si ce postulat semble indiquer un resserrement de la forme sur l’intimité d’un couple, il n’en est pourtant rien. Car le récit est fondé sur un système de méprise et d’incompréhension qui pousse les deux tourtereaux en dehors du foyer, et amènera même Ella, via une machine trans-âme, à occuper le corps des maîtresses de Jake. L’illogisme latent de l’univers de Plympton, qui peut parfois rebuter par une narration un brin dilettante, fournit pourtant ici une piste d’exploration intéressante : tout ce qui régit la relation de couple n’est pas lié au pragmatisme et à la cohérence, mais plutôt aux élans furibards des sentiments et aux sautes d’humeur.
Le trait chez Bill Plympton, s’il est souvent sarcastique et bouffon, possède aussi quelque chose de mal-aimable, de brutal, qui ne cherche jamais la perfection. Ce sont au contraire les petits défauts qui sont mis en exergue, à travers une difformité assumée, un grand carnaval de proportions exagérées, qui donnent un ton débridé au récit. Le cinéma de Bill Plympton est remplit de digressions assez savoureuses, qui mettent par exemple en scène les fantasmes des personnages, et font entrer dans la diégèse tout un barnum d’images saugrenues, portant le montage jusqu’à un acmé potentiellement délirant.
Le film se charge ici, notamment via la musique, d’une sorte de romantisme échevelé plutôt surprenant, qui marque le juste écart des tourments ressentis par les personnages. Entre envies de meurtre (ou de suicide) et nostalgie d’une harmonie de couple brisée, Jake et Ella sont les deux revers d’une même pièce. L’explosivité et la passion qui régissent leur relation, symbolisée par une rencontre sur un stand d’auto-tamponneuses, devient ainsi le moteur même du déchaînement graphique. Julien Marsa / Critikat

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Bill Plympton
Les Amants électriques / 2013

Fiche détaillée Wikipédia

Les amants electriques

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