2 février : I Am Not Your Negro / Raoul Peck

Hommage à une figure centrale de l’histoire contemporaine des États-Unis, et confirmation de l’actualité brûlante de son regard critique sur la société américaine, I Am Not Your Negro de Raoul Peck prend pour point de départ un manuscrit inachevé de Baldwin, Remember This House. L’auteur tente d’y fournir un témoignage sur le parcours de trois figures phares de la lutte pour les droits civiques (Malcolm X, Martin Luther King et Medgar Evers) assassinées avant d’avoir atteint la quarantaine, aussi bien qu’un témoignage personnel sur ces trois hommes qu’il avait connus et côtoyés. Le film s’écarte cependant assez vite de la reconstitution historique, et se laisse graduellement envahir par la voix de l’écrivain (au sens figuré, puisqu’il s’agit d’un montage du texte de Baldwin lu par Samuel Lee Jackson), dont les réflexions critiques et les souvenirs personnels servent de principe organisateur à une véritable plongée dans ce que l’on peut bien nommer une contre-histoire américaine.
Baldwin dresse le portrait clinique d’une Amérique qui refuse, tout comme ses héros (à commencer par un John Wayne passant son temps à sermonner les Indiens), de se confronter à la réalité. C’est-à-dire de grandir. « Le tout, ajoute l’auteur, est de regarder sa vie en face, prendre ses responsabilités. » On ne saurait affirmer plus efficacement la valeur éthique du regard, la façon dont il implique solidairement un face à face avec le réel et la prise de responsabilité que celui-ci exige. Un parti pris auquel Raoul Peck se révèle fidèle de bout en bout, dans une mise en scène exigeante et exhaustive, qui une nouvelle fois, rappelle aux américains (mais pas seulement) cette formule célèbre de l’auteur : il ne suffit pas d’affronter un problème pour le résoudre, mais si l’on veut résoudre un problème, il n’y a d’autre solution que de l’affronter. La persistance du racisme dans la société américaine en est l’illustration la plus flagrante. Nicola Brarda / Critikat

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Raoul Peck
I Am Not Your Negro / 2017

Analyse critique intégrale ICI

Fiche détaillée Wikipédia

samedi 2 février 18h
Maison de quartier Gérard Rinçon
30 rue Ernest Savart – Montreuil

Tous les films de la saison 18-19 ICI

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samedi 12 janvier : La Belle et la Bête / Jean Cocteau

Si le pouvoir d’addiction de cette « féerie sans opium » (tournée au sortir d’une cure de ­désintoxication) reste éternel, c’est grâce à la magie de son langage cinématographique. Par le génie de son chef op Henri Alekan, le cinéaste parvient à éclairer l’irréel. En ­opposition au monde réel de la Belle, inspiré par Vermeer, l’intérieur du château, le monde de la Bête, est tout en clair obscur, sous l’influence fantastique de Gustave Doré. Le décor est-il animé ou inanimé ? L’atmosphère repose sur cette ambivalence. ­Témoins ces candélabres humains, bras-flambeaux sortant du mur, partie d’humanité passée de l’autre côté du miroir, avalée par le merveilleux. Le trucage, d’une simplicité enfantine, peut encore rendre jaloux tous les ordinateurs des plus grands studios d’animation actuels : Cocteau monta la scène à l’envers pour faire croire que les candélabres s’allument au fur et à mesure. Quant à sa Bête, elle est l’incarnation parfaite de l’affrontement de la beauté et de la laideur, thème essentiel de l’auteur. Il fait jouer Avenant (prétendant qui n’existe pas dans le conte) et la Bête par le même Jean Marais. Puis punit Avenant pour son arrogance dans un fondu enchaîné où il meurt en prenant l’apparence de la Bête. Hanté par le procès de Nuremberg, qui se déroulait pendant le tournage, Cocteau réfléchissait sur la vraie monstruosité, au-delà des apparences. Guillemette Odicino / Télérama

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Jean Cocteau
La Belle et la Bête / 1946

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samedi 1er décembre : Le Charme discret de la Bourgeoisie / Luis Buñuel

Le Charme discret de la bourgeoisie est le deuxième de ses trois films français qui ne soit pas tiré d’un matériau original (entre La Voie Lactée et Le Fantôme de la liberté) mais d’un scénario né de l’imagination du cinéaste et de son fidèle collaborateur Jean-Claude Carrière. Au fil des années, Luis Buñuel a pu gagner la confiance de son producteur Serge Silberman jusqu’à bénéficier d’une confiance et d’un respect non seulement rare dans le métier mais qui frappe d’autant plus lorsqu’on y décèle a priori le caractère anti-commercial relativement important des films du cinéaste espagnol.
À la fois pur divertissement (ce film en particulier sera un beau succès commercial), pseudo-étude de cas d’une bourgeoisie toute « chabrolienne » (la présence de Stéphane Audran a amené Chabrol à rencontrer Bunuel très souvent pendant le tournage) ou encore film expérimental, Le Charme discret de la bourgeoisie est une sorte de fourre-tout magistralement pensé que l’on peut prendre et savourer par n’importe quel bout.
« Je ne vois de dignité que dans le néant » : voici la réponse proférée par le cinéaste lorsqu’on l’interrogea sur l’utilité des célébrations posthumes. Cette maxime reflète presque idéalement le cinéma de Buñuel, particulièrement sa période française, dont ce Charme discret est la figure représentative la plus célèbre, reconnue aussi bien par la critique que par le public. Œuvre lisse mais néanmoins audacieuse tout en étant parfaitement « accessible », elle est une parfaite entrée en matière dans le petit monde de Luis Buñuel.
Mais revenons un instant sur la maxime précédemment citée. Si l’on devait l’appliquer à l’ensemble de son œuvre, alors Le Charme discret de la bourgeoisie serait un film on ne peut plus digne. En effet, le néant parcourt peu à peu le film pour en contaminer l’ensemble du récit et des évènements dont le spectateur est témoin (un résumé du sujet et de l’histoire est quelque peu superflu pour ne pas dire vain) : absence d’enjeu narratif, enchaînements incongrus de saynètes, personnages disparaissant aussi rapidement qu’ils sont apparus. Il passerait presque, au vue de ses lignes, pour un film désarticulé sans queue ni tête, un film « bêtement » surréaliste, pourtant, il n’est pas une succession des sketchs même si sa structure le laisserait penser. L’enjeu est tout autre : les protagonistes du film parviendront-ils à manger enfin ?

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Luis Buñuel
Le Charme discret de la Bourgeoisie / 1972

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Analyses : Critikat & DVD Classik

Le Charme aff

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