Rendez-vous le 15 octobre pour l’ouverture de notre 5° saison !

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Affiche 2016-2017

samedi 4 juin : L’Homme qui tua Liberty Valance / John Ford

L’Homme qui tua Liberty Valance est un film nostalgique. Ford y célèbre pour la dernière fois les valeurs de l’Ouest américain, tout en annonçant leur disparition en faveur du progrès de la démocratie et de l’industrialisation. Le fait que les personnages principaux soient au nombre de trois a son importance. Chacun à sa manière symbolise un des visages de l’Amérique. Liberty Valance (incroyable Lee Marvin, l’un des meilleurs « méchants » de l’histoire du cinéma américain) est la part sombre de l’individualisme de l’Ouest. Il n’obéit qu’à la loi du plus fort (en l’occurrence lui-même), et chacun de ses désirs doit être satisfait sur le champ, même s’il faut recourir au meurtre. John Ford accroît la terreur qu’inspire sa présence à la population de Shinbone en raréfiant et en théâtralisant chacune de ses apparitions. Au fond, le deuxième personnage, Tom Doniphon, a beaucoup plus d’affinités existentielles avec ce voyou égoïste qu’avec Ransom Stoddard. Mais il a décidé de mettre son individualisme au service de la justice et de l’honnêteté. Il sait qu’à l’Ouest, une bonne gâchette vaut mieux que tous les livres de loi imaginables. Mais il reconnaît aussi, en acceptant sa défaite (amoureuse et « héroïque ») face à Stoddard que son monde est voué à disparaître. L’Ouest qu’incarne le cow-boy John Wayne ne peut plus résister à l’invasion du chemin de fer et à la progressive constitution des « États-Unis ». Sa mort sonne le glas d’une époque, sur laquelle John Ford se permet de verser quelques larmes.
Mais si Ford s’était contenté de cette opposition entre les deux faces de Janus, son Liberty Valance n’aurait peut-être été qu’un western de plus dans la carrière du grand cinéaste. Coup de maître, il introduit un troisième personnage, un autre « bon », Ransom Stoddard, dont les motivations et les valeurs sont bien différentes de celles de Tom Doniphon. Le véritable duel est celui qui oppose ces deux faces du bien, ces deux philosophies de l’Amérique : celle d’un homme pour qui seul compte son bien-être et celui de son entourage ; et celui pour lequel l’engagement collectif en faveur du progrès est l’unique source de bonheur. Ransom Stoddard n’est peut-être pas le héros auquel va spontanément la sympathie du spectateur, mais l’Histoire lui donnera raison. John Ford le charge de symboliser les valeurs américaines que le vieux cinéaste a défendu avec acharnement durant sa longue carrière : Stoddard soutient la liberté de la presse, créé une école où il enseigne l’égalité entre les hommes, il organise des élections libres… Finalement, il ne serait pas faux de dire que, pour Ford, Tom Doniphon et Ransom Stoddard sont complémentaires. Tous deux expriment la complexité de la philosophie fordienne : exaltation du courage, de la virilité, de « l’homme fort », mais lutte contre l’injustice et défense des opprimés.
L’ironie du sort réside dans cette dernière réplique, devenue mythique, du journaliste qui refuse de publier le véritable nom de l’assassin de Liberty Valance et qui s’explique en ces termes : « à l’Ouest, quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende. » Ophélie Wiel / Critikat / Texte intégral ICI
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John Ford
L’Homme qui tua Liberty Valance / 1962
Fiche détaillée Wikipédia

l'homme

samedi 7 mai : Femmes au bord de la crise de nerfs / Pedro Almodovar

Actrice de doublage, Pepa vient de se faire plaquer par son amant et partenaire, Iván. Elle met le feu à son lit, pile des somnifères dans le gaspacho et… coup de sonnette : le propre fils d’Iván et sa fiancée, Marisa, viennent visiter l’appartement. Coup de sonnette : Candela, une amie, débarque, affolée — son dernier béguin, un terroriste, doit faire sauter un avion, justement celui que va prendre Iván avec sa nouvelle maîtresse. Coup de sonnette : Lucía, la femme d’Iván, surgit avec un revolver.
Ça vous paraît brouillon ? rocambolesque ? extravagant ? C’est encore mieux. Pedro Almodóvar tricote le vaudeville avec une frénésie personnelle. Mailles à l’envers et aiguilles farceuses : il emmêle et pervertit les ficelles classiques de la comédie de boulevard. Quiproquos gigognes, adultères farfelus, hystérie parodique : le héraut-héros de la Movida shoote Feydeau aux amphétamines.
À travers sa folle farandole de personnages fantoches, Almodóvar raille l’Espagne post-franquiste, qui se croit libérée de son corset moral et danse, au fond, un sabbat très bourgeois. Il livre un croquant portrait de femme, celui de Carmen Maura-Pepa, diva des crises de nerfs, suave comme un bonbon au poivre.
Cécile Mury / Télérama
Premier grand succès de Pedro Almodóvar en France (plus de 600 000 entrées), lauréat de cinq Goyas en Espagne, Femmes au bord de la crise de nerfs est en quelque sorte l’œuvre-somme des années 1980 du célèbre réalisateur espagnol, celle qui lui permit de rentrer dans la cour des grands.
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Pedro Almodovar
Femmes au bord de la crise nerfs / 1988

Fiche détaillée Wikipédia

Lire également : Critikat

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