3 décembre : La Blonde et moi / Frank Tashlin

Marty « Fats » Murdock le mafieux, ex-caïd du flipper, confie sa blonde à Tom Miller, impresario sur le retour, pour la propulser dans le firmament du show-business… La chevelure blonde peroxydée, les lèvres rouges et pulpeuses, la moue aguicheuse, le déhanché provocant… tout ceci n’est qu’un masque, une persona, un personnage. Satire du showbiz, La Blonde et moi n’a peut-être pas le mordant d’un Billy Wilder, mais ne manque pas de piquant pour autant. Dans le voisinage de ce que proposera Blake Edwards, cette farce élégante est bien plus qu’une sympathique série B. Tashlin y déploie une esthétique très graphique qui parvient à traiter de la vulgarité sans y plonger, maintenue par une certaine sophistication du cartoon. Dessinateur, le réalisateur a fait ses armes auprès de Max Fleischer – le papa de Popeye – et Leon Schlesinger, créateur de la Warner Bros Cartoons, avant d’intégrer l’équipe de Walt Disney. Il utilise habilement ici les codes du cartoon, exacerbant les formes hallucinantes de son actrice d’une contre-plongée. Sur son passage, un gamin siffle tel le loup de Tex Avery, la glace fond à vitesse grand V, les verres de lunettes se brisent, le lait déborde des bouteilles… Plus qu’un effet de style, ces effets dévastateurs constituent le ressort dramatique même du personnage, bimbo malgré elle. Un film précieux sur les fifties. Estelle Bayon / Critikat
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Frank Tashlin
La Blonde et moi (The Girl Can’t Help It) / 1956

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samedi 3 décembre à 18h
Maison de quartier Gérard Rinçon
30 rue Ernest Savart – Montreuil

La suite de la saison 2016-2017

LBEM

samedi 5 novembre : Le Goût du saké / Yasujirō Ozu

Le Goût du saké reprend d’ailleurs la trame de Printemps tardif (1949), celle d’un père veuf, Hirayama (incarné dans les deux films par Chishū Ryū, acteur fétiche d’Ozu), qui réalise à regret que sa fille Michiko (Shima Iwashita) est en âge de se marier et qu’il va bientôt devoir se séparer d’elle.
Le dernier film du cinéaste, apparaît logiquement comme l’un des plus aboutis de son œuvre, et certainement le plus épuré formellement : plans fixes (pour lui les mouvements de caméra ne sont pas compatibles avec la couleur), cadrage précis (les yeux des personnages sont toujours au même endroit), raréfaction du mouvement à l’intérieur d’un cadre rigide (volutes de fumée, mouvements de tête), dialogues qui ne se superposent jamais à la coupe (il chronométrait les images !). Ce système formel complexe a la particularité d’avoir une énonciation extrêmement marquée qui ne s’indexe pas sur la perception réelle (non énoncée) mais crée au contraire une perception proprement cinématographique, délestée du poids de la réalité (même le jeu des acteurs est non naturaliste) permettant de revenir à l’essentiel. Et l’essentiel pour le cinéaste est avant tout ce lien ténu qui existe entre les êtres : qu’ils soient parents, voisins ou amis, Ozu cherche à saisir dans toutes ses variations cet être avec qui comptait plus pour lui que toute morale individuelle. Son œuvre est une comédie humaine où se croisent des pères, des fils uniques et l’amour des mères, et où chacun, avec la grandeur qui lui est propre, se définit aussi par l’autre et sait croire en lui. Sara Ri / Critikat
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Yasujirō Ozu
Le Goût du saké / 1962

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Le gout du sake

samedi 15 octobre : Queen of Montreuil / Sólveig Anspach

De retour de Jamaïque avec son fils, Anna est coincée en France à cause de la crise qui touche son pays et de la faillite des compagnies aériennes islandaises. Heureusement, le duo tombe à la douane sur Agathe, jeune veuve qui rapporte les cendres de son mari d’un pays indéterminé. C’est ainsi que s’ouvre la fiction : par la confrontation de ces deux mondes, dans l’espace transitoire de l’aéroport. Agathe héberge donc Anna et Úlfur dans son charmant appartement montreuillois, qui va devenir le théâtre de l’évolution de cette protagoniste. De jeune veuve en effet elle deviendra « Queen of Montreuil » : quand elle aura fait son deuil.
Queen of Montreuil fait le choix subtil de se poser en plein dans l’écart entre divers éléments antagonistes, jouant avec brio sur le motif du décalage. Ce sont ces deux mondes, jamais clos : symbolisés par Anna d’un côté, fumeuse d’herbe hédoniste et délurée ; Agathe de l’autre, en deuil, mélancolique, désœuvrée. Ce sont aussi des choix esthétiques : le film oscille toujours entre une spontanéité absurde et délectable, la fantaisie de la fable (notamment dans l’histoire secondaire entre Anna et Samir, qui se rencontrent en haut d’une grue), et la mélancolie du manque, du doute. La principale qualité et la généreuse vigueur du film sont avant tout dans cette variété de tons et le décalage constant qu’elle impose. Sans crier gare, le film passe d’un bond du sérieux, de la nostalgie la plus douloureuse au comique le plus amusant (voir l’excellente scène avec Sophie Quinton : déchirante et incongrue tout à la fois). La ligne trop traditionnelle du scénario est donc sublimée par l’audace thématique (éloge de la simplicité, du partage, de « l’or du pauvre » – le cannabis), par l’originalité symbolique (le phoque qui matérialise l’absence du défunt et le deuil à venir), par le mordant des dialogues tirant toujours vers l’absurde.
Si le but d’Anspach était de partager humour et énergie avec son spectateur – un but si simple et pourtant périlleux – c’est gagné. Marianne Fernandez / Critikat
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Sólveig Anspach
Queen of Montreuil / 2013

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Queen of Montreuil

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