samedi 1er février : La Dame de Shangai / Orson Welles

Un soir, Michael O’Hara, un marin irlandais, vient en aide à une mystérieuse et superbe femme victime d’une agression. Après une courte conversation, elle disparaît dans la nuit. Plus tard, il est engagé à bord du yacht d’Arthur Bannister, riche avocat et mari de la femme qu’il a sauvé, Elsa Bannister. Michael devient l’amant d’Elsa. Petit à petit, il se retrouve mêlé à une complexe histoire de fraude et de meurtre…
La légende dit que La Dame de Shanghai serait le cadeau empoisonné d’Orson Welles à Rita Hayworth, qu’il lui aurait fait lors de leur divorce, pour briser sa carrière. Disons-le d’emblée, ce n’est qu’une légende. À cette époque, Welles a besoin d’argent, et sa carrière est compromise par les échecs commerciaux successifs de Citizen Kane et La Splendeur des Amberson. Il doit donc prouver qu’il est capable de mettre en scène un film rentable. Il choisit comme sujet un roman noir de Sherwood King qu’il avait sous la main, et Rita Hayworth, comme cadeau de divorce, accepte de participer au projet. Grâce à sa présence au générique, le film peut se faire. Mais lorsque Harry Cohn, grand manitou de la Columbia et pygmalion de Rita Hayworth, voit le résultat, il fait remonter le film selon ses vœux et repousse sa sortie pendant deux ans pour ne pas nuire à la carrière de son actrice. À sa sortie, en 1948, le film déroute le public, qui ne supporte pas de voir Rita dans un rôle de monstre. C’est un naufrage financier qui compromit la carrière de Rita Hayworth et encore plus celle de Welles. Aujourd’hui encore, La Dame de Shanghai est un film déroutant.
Le film marque la venue de Welles au film hollywoodien avec le mélange de deux genres typiques : le film noir et le film d’aventure. Car si l’intrigue, basée sur la corruption et la manipulation, avec en plus la présence d’une femme fatale, est typique du genre noir, son décor et son déroulement font plus penser au film d’aventure. Le Film noir est un genre immobile, clos, nocturne. Ici, on va de San Francisco aux Caraïbes pour se retrouver au tribunal et quelques minutes plus tard à Chinatown, et la plus grande partie du film s’est déroulée à bord d’un yacht, décor mobile par excellence. La fusion de ces deux genres diamétralement opposés fait de La Dame de Shanghai un film hollywoodien atypique, et l’un des films les plus étranges tout court.
Mais son étrangeté vient aussi de son atmosphère. Contrairement aux autres films de Welles, nous n’avons droit ici qu’à peu de cadrages insolites, la caméra y est beaucoup plus discrète. Est-ce dû au charcutage des studios ou est-ce voulu par Welles ? On ne le saura jamais. Mais le résultat est là : Il en découle une ambiance onirique, planante, et pénétrante.
(suite du texte ICI)

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La Dame de Shangai
Orson Welles / 1947

Fiche détaillée Wikipédia

samedi 1er février 18h
Maison de quartier Gérard Rinçon
30 rue Ernest Savart – Montreuil

Toute la saison 2019-2020 ICI

La Dame de Shanghai

samedi 11 janvier : Les Nouveaux sauvages / Damián Szifron

Les Nouveaux Sauvages est un recueil de nouvelles dont il est difficile d’interrompre la lecture, tant chaque histoire ouvre l’appétit pour la suivante. Film à sketches de l’Argentin Damián Szifron, en compétition officielle à Cannes en mai dernier, le long métrage enchaîne six fragments reliés autour d’une catchline grossière : «On peut tous péter les plombs.» Les «sauvages», ce sont des anonymes, vieux ou jeunes, riches ou pauvres, qui se mettent à dériver et s’engouffrent tête baissée dans une spirale violente.
Connerie. Szifron filme avec délectation la brutalité de ses héros, la furie avec laquelle ils se mettent à canarder leur voisin. Son sujet n’est pas la société argentine qui sert de décor au film, ni même les raisons qui poussent ses personnages à tuer leur prochain (les comportements mafieux, les trahisons conjugales, l’administration enkystée et corrompue, la connerie tout court), mais bien la férocité en elle-même. Elle est un fil très mince mais assez solide entre chacun des six contes cruels. Dans le dossier de presse du film, le réalisateur écrit : «Ces histoires émergent de la zone la plus libre de mon imagination. […] Il est toujours question de catharsis, de vengeance et de destruction. Je pense souvent à notre société occidentale et capitaliste comme une sorte de cage transparente qui amenuise notre sensibilité et dénature nos rapports. [Le film] opère sur un ensemble d’individus qui vivent dans cette cage tout en ignorant son existence.» Et qui passent à l’acte.
Six sketches donc, qui couvrent un champ très large de la violence et de la veulerie du genre humain. Il y a l’excellent prologue où les passagers d’un avion comprennent, par hasard, qu’ils sont tous liés à une même personne. Ou encore un cadre dynamique à gifler qui roule sur une route de la pampa dans son Audi flambante et se retrouve dans une rixe avec un monstrueux chauffard. La baston qui s’ensuit atteint des proportions incroyables de drôlerie tant le mauvais goût – tendance scatologique – est exploité. Quant au dernier sketch, sur un mariage friqué qui tourne vraiment très mal, il est la meilleure des conclusions à cet objet bizarre qu’est les Nouveaux Sauvages.
Tout ici manque de finesse, assume une grossièreté franche. L’image n’est pas très belle, la mise en scène semble ne s’être fixée que l’efficacité comme objectif. Et c’est justement ce qui fait le charme du film.
Craquages. Szifron s’inscrit – quasiment ouvertement – dans la lignée de l’Italien Dino Risi et ses Monstres, film à sketches de 1963 avec Vittorio Gassman, exercice de style sur la minabilité de l’âme humaine. Le même Risi affirmait : «Je déteste le moralisme et je préférerais toujours être cruel plutôt que de dire la « bonne » parole ou montrer la « bonne » attitude.» Szifron est un héritier de cette attitude, avec ses déluges de sales coups et de mesquineries. Il esquisse un cinéma qui s’insère dans un socle très divers de valeurs : les séries B, les films des années 70 tellement peu nobles qu’ils chatouillaient l’underground, voire tout le catalogue de René Chateau Vidéo. Mais, à cet esprit déjà très digéré par la cinéphilie mondiale – grâce notamment à Paul Verhoeven -, il ajoute une forme de halo très années 2010, des craquages en direct dans les émissions de télé-réalité ou des ados furax sur YouTube. Avec humilité, Szifron réinvente un panorama de références impures, partagées avec ses coproducteurs, les frères Almodóvar, et délivre un film-spectacle rempli de numéros sanguinolents, admirables et surtout très amusants.
Clément Ghys / Libération (13 janvier 2015)
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Les Nouveaux sauvages
Damián Szifron / 2014

Fiche détaillée Wikipédia

Les Nouveaux sauvages

samedi 7 décembre : Chantons sous la pluie / Stanley Donen & Gene Kelly

Hollywood, 1927 : au Chinese Theatre, c’est la première du dernier film muet interprété par le couple vedette des studios Monumental, Lina Lamont et Don Lockwood. Inséparables à l’écran, les deux vedettes se détestent pourtant cordialement. A l’issue de la première triomphale, Don est submergé par une horde de groupies hystériques et pour s’en défaire, saute dans la voiture d’une jeune aspirante comédienne de théâtre, Kathy Selden. Don se montrant assez vite présomptueux et entreprenant, Kathy entreprend de le remettre à sa place en feignant de mépriser les acteurs de cinéma, dont l’art, selon elle, se limiterait à la pantomime. Don est très affecté par ce jugement, mais quelle n’est pas sa surprise de retrouver Kathy un peu plus tard à la partie donnée en l’honneur du film, transformée en chorus girl le temps d’un numéro endiablé ! Il raille quelque peu les prétentions dramatiques de la jeune fille, qui, vexée, veut l’entarter. Patatras ! Don esquive et c’est la volcanique Lina qui est malencontreusement atteinte !
Quelques semaines s’écoulent au cours desquelles Don, avec l’aide de son fidèle ami Cosmo, n’a de cesse de rechercher la jeune fille, dont il est très épris. Entre temps, la Warner vient de sortir le premier film parlant, Le Chanteur de Jazz, et c’est un véritable triomphe. Les studios Monumental Pictures entreprennent comme les autres leur conversion aux ‘talkies’. Les difficultés sont légions, et parmi elles, la voix et la diction ridicules de l’insupportable Lina ne sont pas les moindres… Don a retrouvé Kathy, et les deux jeunes gens roucoulent leur amour mutuel. Mais l’avant-première du premier parlant interprété par le couple Lamont-Lockwood, The Duelling Cavalier, est un véritable désastre, notamment en raison de la voix de Lina. L’ingénieux Cosmo a alors une de ces idées brillantes qui le caractérisent : profiter des six semaines qui restent avant la sortie nationale pour transformer le film en musical, en doublant la voix de Lina par celle de Kathy. Mais Lina n’a pas dit son dernier mot !
Attention monument ! À l’instar d’Autant en emporte le vent ou Casablanca, Chantons sous la pluie fait partie de cette poignée de films indissociables du mythe de l’âge d’or hollywoodien. Avec le temps, l’œuvre s’est peu à peu inscrite dans l’inconscient collectif, son titre seul suffisant à évoquer la séquence qui voit un Gene Kelly submergé de bonheur bondir à travers les flaques d’eau, même sans doute chez ceux qui ne l’ont jamais vu. Chantons sous la pluie est devenue LE symbole de la comédie musicale hollywoodienne, et, étrangement, semble jouir d’une côte d’amour inaltérable et presque inexpliquée, même auprès de ceux, majoritaires, qui restent imperméables au genre ! Analyse intégrale sur DVD Classik

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Chantons sous la pluie
Stanley Donen & Gene Kelly / 1952

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Chantons sous la pluie

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