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Archive mensuelle de novembre 2015

samedi 7 novembre : le Casanova de Federico Fellini

Casanova marque un véritable tournant dans la carrière de Fellini. Phénomène frappant, l’atmosphère très sombre du film transforme l’univers fellinien…
Dans la Venise du 18ème siècle, le Carnaval bat son plein. Giacomo Casanova se rend à l’invitation d’une religieuse coquine avec laquelle il s’adonne à des ébats érotiques. Ils sont observés en toute complaisance, par l’amant de la nonne, l’ambassadeur de France…
L’aventure du Casanova de Fellini, chef d’œuvre tout à fait hors des normes dans la filmographie de l’italien de par les difficultés et le coût exorbitant du projet, débute par un règlement de comptes tout à fait singulier :
« Casanova est un personnage ridicule, tout au plus tragi-comique. Je veux le démasquer. Il est l’éternel jeune garçon qui ne devient jamais adulte. Casanova est pour moi le type de l’italien immature, du Papagallo, du bourreau des cœurs, de l’homme à femmes qui, en vérité, n’est que le petit garçon gâté de sa maman, qui refuse toute responsabilité et qui vit en s’imaginant tranquillement que tout doit venir d’en haut : de maman, du roi, du Duce, de la Sainte Vierge. Un homme qui est le prisonnier de ses mythes – et donc aussi du mythe d’être un bourreau des cœurs.» Fellini s’exprime ainsi dès les prémices du tournage et ressent intimement le besoin d’un acte de vengeance à l’encontre de l’amoureux mondialement célèbre, multipliant les pilonnages d’insultes. Giacomo Girolamo Casanova était pour lui « un écrivain ennuyant », dit-il entre autres, « un faiseur d’esclandre, un fanfaron, un super trou du cul, quelqu’un qui a la folie des grandeurs, un fasciste, un amoureux au sperme glacé, une machine à piston humaine, un pantin, un playboy de province, un vieux rustre ». Fellini n’éprouvait que dégoût, aversion et haine pour son compatriote du 18ème siècle. Il apparaît dès lors assez peu compréhensible que le cinéaste se soit lancé tête baissée dans la transposition du personnage à l’écran allant même jusqu’à prononcer sur les lieux du tournage : « Je n’aurais jamais dû faire ce film. J’aurais dû y renoncer. Cela sera le plus mauvais film que j’aie jamais fait. »
En vérité le projet Casanova était l’un des trois ou quatre titres que Fellini proposait régulièrement aux producteurs pour les appâter. En leur demandant de le laisser tourner I Vitelloni, La Strada, La Dolce Vita ou encore Huit et demi, le cinéaste leur jurait qu’il réaliserait un jour un «Casanova» ou tel autre projet. Après Roma, Fellini avait signé des contrats : le Maestro était, pour le coup, bel et bien coincé !
A la suite du tournage Fellini s’expliqua davantage sur ses propos vengeurs qui firent les choux gras de la presse italienne : « Tant qu’un nouveau film vit encore d’une atmosphère indéterminée, se balançant dans l’imaginaire, il est nécessaire pour moi de charger d’agressivité à son encontre au début ; c’est mon agressivité qui l’éveille à la vie, le débusque, l’offense et le découvre. C’est une sorte de rite, une cérémonie. Chacun a ses méthodes et les miennes ont cette apparence. »
Et il ressort que le Casanova marque un véritable tournant dans la carrière de Fellini. Phénomène frappant, l’atmosphère très sombre du film transforme l’univers fellinien, vécu ici au travers d’une figure relativement rare dans ses précédents films : bien au delà de l’exploration de la sexualité et de ses satisfactions, le spectateur examine effectivement en Casanova, la pleine mesure d’un homme qui se débat toute sa vie. Plus encore, le film est le lieu de nombreuses métaphores sur la mort et cerne les contours d’un être qui, en se mettant en scène constamment, oublie concrètement de vivre. En ce sens, Fellini touche à la réflexibilité qui lui fut toujours nécessaire pour réaliser ses films et, à 60 ans, formule de manière inédite un sentiment de désespoir autobiographique très adulte. Fellini confirma bien plus tard : Casanova, «film sur le vide», correspondait pour lui « à la ligne, au glissement vers la dernière période de (s)a vie ».
Olivier Bombarda / Arte
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Federico Fellini
Le Casanova de Federico Fellini / 1976

Fiche détaillée Wikipédia

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