Archive mensuelle de mars 2017

samedi 1er avril : Ascenseur pour l’échafaud / Louis Malle

Épouse d’un riche marchand d’armes, Florence Carala (Jeanne Moreau) a rendez-vous avec son amant Julien Tavernier (Maurice Ronet). Celui-ci vient d’assassiner son patron, le mari de Florence, et de maquiller le meurtre en suicide. Le crime semble parfait. Mais un grain de sable vient gripper l’impeccable machine : ayant oublié un détail compromettant, Julien doit revenir sur les lieux… et reste bloqué dans l’ascenseur, tandis que Louis (Georges Poujouly), le petit ami de la fleuriste du coin, lui vole sa voiture ! Florence, elle, croit que son amant l’a trahie et s’enfonce dans le Paris nocturne des bars…
Le va-et-vient entre les trois décors distincts (le huis-clos de l’ascenseur, la recherche sous la pluie et l’excursion sanglante à Trappes) est agencé avec une fluidité qui n’oublie jamais chaque petite pièce du puzzle. La progression du traquenard où sont pris les personnages est pourtant d’une confondante simplicité, comme s’il ne servait à rien de courir puisque le mauvais sort allait de toute façon s’abattre sur eux. Leur détresse apparaît d’autant plus grande, sous le regard indifférent des tiers observateurs (Jean-Claude Brialy, Lino Ventura, Charles Denner), sans états d’âme face à la panique grandissante de ces Roméo et Juliette de bazar. Une implacable tragédie en somme.
Ascenseur pour l’échafaud donne la réplique à un nouveau langage filmique : celui de la Nouvelle Vague qui vient juste d’éclore. De cette forme-écriture, à la fois crue et sophistiquée, Jeanne Moreau, à fleur de peau, qui soutiendrait à elle seule le récit à trois actions parallèles, et la musique de Miles Davis, sommet du jazz (et de sa fusion pourrait-on dire, avec le film noir) sont les formidables et inoubliables protagonistes.

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Louis Malle
Ascenseur pour l’échafaud / 1958

Fiche détaillée Wikipédia

samedi 1er avril à 18h
Maison de quartier Gérard Rinçon
30 rue Ernest Savart – Montreuil

Prochainement : les autres films de la saison

Ascenseur pour l'echafaud

samedi 4 mars : Under the Skin / Jonathan Glazer

« Rarement une œuvre aura retranscrit avec une telle acuité la sensation d’être étranger à son corps. » / Mad Movies
Présenter Under the Skin, sans trahir ni déflorer, se fait, peut-être, au prix d’un pari. Un pari, c’est par définition, douteux, hasardeux, incertain. Risqué.
Risquons, donc, ici, le pari d’une chronique paradoxale : celle qui parviendrait, en funambule, à en dire le moins possible, mais aussi suffisamment, pour, précisément, laisser ensuite le film opérer dans toutes ses strates.
Film imposteur-imposture, Under the Skin fait effraction ; à la limite de l’escroquerie (avec l’ironie – noire – d’un art, contemporain en diable !) le voici qui se présente avec la prétention – on pourrait presque dire, le laissez-passer – d’un genre : ici, celui de la science-fiction. Résumons : « Une entité extraterrestre arrive sur Terre, et, sous l’apparence d’une femme, séduit des hommes, les « enlève » [bien que volontaires], et les fait disparaître… ». Si l’on s’en tient là, on pourrait dire, tout simplement : bof.
L’ « histoire », ainsi réduite à ce squelette, ne révèle / absolument / rien. Tel un trou noir – peut-être celui de la première image du film ?! – elle garde jalousement secrets les infinis, mondes parallèles, univers multiples, plurivers, multivers, de ses plis et replis. Pire : si l’on s’en tient là, on pourrait bien se tromper de film. Et « tout le monde » – fanatiques du genre comme rétifs – s’en trouverait alors « évidemment » exclu.
Or, justement, Jonathan Glazer ne cesse de faire le pied-de-nez aux évidences, et de se jouer des codes et des genres (Sexy Beast / 2000 : le polar ; Birth / 2004 : le fantastique). En cinéaste rare et « artisanal », il s’en saisit, et, à chaque fois, en brouille les cartes : dénaturer/pervertir/excéder les codes. Car Under the Skin est bien « évidemment » (ce qui, évidemment, n’a rien d’évident) un vrai-faux film de SF. Il excède le genre, tout en endossant avec audace, culot et talent, ses références séminales, tant philosophiques qu’esthétiques, de Body Snatchers à Kubrick.
SF, road-movie, serial-killer, clin d’œil cinéphile en jeu-tension sur le glamour de la star-personne-personnage « incarné-e/désincarné-e » (c’est le cas de le dire, mais ne dévoilons pas) : tout y passe, ou presque. Mais l’objet n’est pas seulement, et heureusement, une mise en abyme nombriliste du cinéma sur lui-même. L’œuvre est ouverte, et sa machine : folle. Machine folle, la musique, envoûtante ; le rythme du montage, hypnotique (et vice-versa) ; le parti-pris des effets spéciaux et des conditions de tournage (n’en disons pas davantage à ce sujet) ; et, bien sûr, last but not least, la présence (bien, bien bien au-delà, d’une prestation) de la formidable Scarlett Johansson : tout concourt à faire d’Under the Skin – à la condition de rencontrer le laisser-aller, le laissez-passer, le lâcher-prise indispensable et nécessaire – un grand, un très grand film. La traversée d’une expérience.
Marco Candore

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Jonathan Glazer
Under the Skin / 2013

Under the skin




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