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samedi 4 mars : Under the Skin / Jonathan Glazer

« Rarement une œuvre aura retranscrit avec une telle acuité la sensation d’être étranger à son corps. » / Mad Movies
Présenter Under the Skin, sans trahir ni déflorer, se fait, peut-être, au prix d’un pari. Un pari, c’est par définition, douteux, hasardeux, incertain. Risqué.
Risquons, donc, ici, le pari d’une chronique paradoxale : celle qui parviendrait, en funambule, à en dire le moins possible, mais aussi suffisamment, pour, précisément, laisser ensuite le film opérer dans toutes ses strates.
Film imposteur-imposture, Under the Skin fait effraction ; à la limite de l’escroquerie (avec l’ironie – noire – d’un art, contemporain en diable !) le voici qui se présente avec la prétention – on pourrait presque dire, le laissez-passer – d’un genre : ici, celui de la science-fiction. Résumons : « Une entité extraterrestre arrive sur Terre, et, sous l’apparence d’une femme, séduit des hommes, les « enlève » [bien que volontaires], et les fait disparaître… ». Si l’on s’en tient là, on pourrait dire, tout simplement : bof.
L’ « histoire », ainsi réduite à ce squelette, ne révèle / absolument / rien. Tel un trou noir – peut-être celui de la première image du film ?! – elle garde jalousement secrets les infinis, mondes parallèles, univers multiples, plurivers, multivers, de ses plis et replis. Pire : si l’on s’en tient là, on pourrait bien se tromper de film. Et « tout le monde » – fanatiques du genre comme rétifs – s’en trouverait alors « évidemment » exclu.
Or, justement, Jonathan Glazer ne cesse de faire le pied-de-nez aux évidences, et de se jouer des codes et des genres (Sexy Beast / 2000 : le polar ; Birth / 2004 : le fantastique). En cinéaste rare et « artisanal », il s’en saisit, et, à chaque fois, en brouille les cartes : dénaturer/pervertir/excéder les codes. Car Under the Skin est bien « évidemment » (ce qui, évidemment, n’a rien d’évident) un vrai-faux film de SF. Il excède le genre, tout en endossant avec audace, culot et talent, ses références séminales, tant philosophiques qu’esthétiques, de Body Snatchers à Kubrick.
SF, road-movie, serial-killer, clin d’œil cinéphile en jeu-tension sur le glamour de la star-personne-personnage « incarné-e/désincarné-e » (c’est le cas de le dire, mais ne dévoilons pas) : tout y passe, ou presque. Mais l’objet n’est pas seulement, et heureusement, une mise en abyme nombriliste du cinéma sur lui-même. L’œuvre est ouverte, et sa machine : folle. Machine folle, la musique, envoûtante ; le rythme du montage, hypnotique (et vice-versa) ; le parti-pris des effets spéciaux et des conditions de tournage (n’en disons pas davantage à ce sujet) ; et, bien sûr, last but not least, la présence (bien, bien bien au-delà, d’une prestation) de la formidable Scarlett Johansson : tout concourt à faire d’Under the Skin – à la condition de rencontrer le laisser-aller, le laissez-passer, le lâcher-prise indispensable et nécessaire – un grand, un très grand film. La traversée d’une expérience.
Marco Candore

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Jonathan Glazer
Under the Skin / 2013

Under the skin




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