samedi 12 janvier : l’Odeur de la papaye verte / Tran Anh Hung

« Lorsque j’ai écrit l’Odeur de la papaye verte, je voulais parler du problème de la servitude qui est au coeur de la condition de la femme vietnamienne. Cette servitude étant très liée à la tradition et à l’éducation, elle se perpétue par un recommencement continuel. Ce mécanisme m’offrait naturellement une construction narrative en boucle que je n’ai finalement pas adoptée. C’est ainsi que, tout en cherchant à maintenir cette idée de recommencement, j’ai préféré un récit en deux mouvements, dont le premier décrit le fonctionnement de cette servitude depuis son apprentissage, jusqu’à son acceptation totale, érigée en tradition, en passant par le moment où, vieillissante et abandonnée par l’homme, la femme continue pourtant à le servir. A dessein, j’ai omis dans ce premier mouvement l’étape essentielle que je décris dans le second, celle, lumineuse où la femme rencontre l’amour d’un homme. L’amour va vider la servitude de son contenu aliénant et, la transcendant, lui fera accéder à un état spirituel où elle devient sacrifice et don de soi. Cette construction rend mieux compte de l’extrême complexité des rapports ambigus entre la servitude et l’amour. C’est une manière de montrer à quel point l’amour libère la femme de sa servitude tout en l’y enfermant davantage. Les séquences et le filmage suivent la logique des travaux quotidiens des femmes. D’où une grande importance accordée à la description du quotidien. A force de le scruter minutieusement, je cherchais à entrevoir, à travers les gestes de la femme, la densité du rituel. »
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« Le film se passe dans les années 50. A cette époque, les Français étaient encore présents au Vietnam. Si j’ai choisi de ne pas les montrer, c’est parce que je voulais que cette histoire se passe dans un petit quartier, calme, typiquement vietnamien. Je devais aussi, pour la cohérence de mon propos, tenir le public français à l’écart de toute tentative nostalgique. L’action se déroule à Saigon, alors que les champs de bataille étaient dans le nord, c’est pourquoi la guerre n’est ici que suggérée. J’ai situé le film à cette époque, parce que j’avais besoin de regarder derrière moi, besoin d’un passé cinématographique national que je n’avais pas. Alors je l’ai créé. C’était une nécessité psychologique. Je l’ai créé pour pouvoir maintenant travailler le présent, car dans tous mes projets d’avenir, seul le Vietnam d’aujourd’hui m’intéresse. »
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Tran Anh Hung / 1993
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L'Odeur de la papaye verte

samedi 1er décembre : La Féline / Jacques Tourneur

Irena Dubrovna (Simone Simon) est hantée par la peur d’être la descendante d’une race de femmes-monstres qui se transforment en panthères dès qu’elles perdent leur virginité. Olivier Reed (Kent Smith) tombe amoureux d’elle et l’épouse. Mais le comportement de la jeune mariée, qui se refuse à son mari, va se dégrader d’une inquiétante manière…
La Féline est un film d’une grande pureté formelle. Tourneur se sert de simples effets de mise en scène pour développer une atmosphère angoissante et glisser lentement vers un réalisme fantastique. Le choix d’ancrer l’histoire dans un contexte contemporain est également l’une des grandes originalités du film. Tourneur épure au maximum son image, joue avec les sons (un freinage de bus devient le rugissement d’un léopard) et use de nombreux effets d’ombre et de lumière. Le point d’orgue étant la très belle scène de la piscine où les reflets de l’eau sur les murs créent une présence invisible et une ambiance étouffante.
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Jacques Tourneur / 1942
Avec Simone Simon, Kent Smith, Jane Randolph
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La Féline

samedi 3 novembre : The Shop Around the Corner / Ernst Lubitsch

The Shop Around the Corner bénéficie d’un statut particulier dans l’œuvre de Lubitsch. Délaissant le glamour de la haute société, le cinéaste se tourne vers les « petites gens » avec un amour sincère : dans une boutique de Budapest, une jeune fille demande un emploi. Mais sa venue va perturber les rapports entre employés…
« C’est le plus beau des Lubitsch, car le plus sensible : les gags sont irrésistibles (autour d’une boîte à cigarettes musicale ou avec cet employé qui fuit chaque fois que son patron lui demande un avis « sincère » !), mais l’humour se teinte d’une délicieuse mélancolie, toute slave. Dans cet imbroglio sentimental, cette valse des malentendus somptueusement orchestrée, pas de princes, d’escrocs ou de charmeuses, mais des gens ordinaires, moins insouciants, plus fragiles : ils craignent le chômage, la solitude, sont tentés par le suicide. Mais finissent par en rire… La dernière séquence, où James Stewart critique son double épistolaire puis éteint, peu à peu, les lumières de la boutique pour révéler la vérité à Margaret Sullavan, évoque l’ultime confession de Cyrano à Roxane, en plus gai. Et c’est avec un simple œillet, qui apparaît à une boutonnière dans la pénombre, que Lubitsch matérialise cette révélation amoureuse. Sublime. » Guillemette Odicino / Télérama
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Ernst Lubitsch / 1940
Avec Margaret Sullavan, James Stewart, Frank Morgan
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The Shop Around the Corner

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