samedi 2 mars : Brève rencontre / David Lean

Adapté d’une pièce de Noel Coward, Brief Encounter (Brève Rencontre en français) traite d’un sujet encore largement sulfureux pour les « bonnes moeurs » et le public de 1945 : le désir et l’amour adultérins. A l’instar d’un Billy Wilder (Sept ans de rélexion, Certains l’aiment chaudLa Garçonnière, Irma la Douce, Embrasse-moi idiot, entre autres !), ou d’un Ernst Lubitsch (Sérénade à trois) mais sur un tout autre mode – nous ne sommes pas ici dans le registre de la comédie -, David Lean doit en premier lieu éviter la menace de la censure, mais aussi de choquer le public. Le futur réalisateur de Lawrence d’Arabie et de Docteur Jivago réalise alors un film subtil, aux lectures plurielles. Et si la question de la censure, aujourd’hui, ne se pose plus tout à fait dans les mêmes termes, le sujet, lui, est toujours aussi brûlant. Et sans réponse.
« Dans une gare de la banlieue londonienne, un homme et une femme se font des adieux discrets et définitifs. Ils se sont rencontrés ici même à la faveur d’un de ces accidents du destin qui sont à l’origine des plus émouvantes histoires d’amour.
Au sortir de la guerre, la critique et le public ont salué ce mélo héroïque. Le ton est réaliste. On pénètre dans la sympathique trivialité de la petite bourgeoisie, voire du prolétariat anglais : les gens parlent de tout et de rien dans les espaces collectifs où les deux protagonistes vivent leur histoire d’amour. Ces petites gens ne sont pas caricaturés ni méprisés. Ce souci de montrer la vie se double d’une atmosphère esthétique, qui évoque les belles heures du réalisme poétique. Tout cela fonctionne ensemble : la vie quotidienne, les images de type «fantastique social» qui exaltent cette réalité et le cas cornélien de deux amoureux. Leur aventure est devenue mythique : celle d’un amour impossible. Un grand film romantique, totalement réussi. »

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David Lean
Brève rencontre / 1945
Fiche détaillée Wikipédia

Brève rencontre

samedi 2 février : Yoyo / Pierre Etaix

Un riche aristocrate s’ennuie dans son grand château… Lors du passage d’un cirque, il retrouve un ancien amour, qui est devenue dresseuse de chevaux, et fait la connaissance de son fils : le petit Yoyo…
Vient la crise de 1929. Désormais sans argent, la petite famille part en carriole sur les routes et présente un spectacle de ville en ville, dans lequel le petit Yoyo prend goût au monde du spectacle vivant.
Yoyo, chef d’oeuvre de Pierre Etaix, à l’image de l’évolution du cinéma, commence par des séquences muettes, pour devenir soudainement parlant. Yoyo est une Comédie irrésistible où les gags s’enchaînent à toute vitesse, qui fait preuve d’une originalité et d’une inventivité sans bornes.
Comique, émouvant, Etaix se situe quelque part entre Charlie Chaplin et Jacques Tati… C’est fin, c’est beau, c’est plein de poésie ; c’est merveilleusement écrit et magnifiquement pensé ; c’est hilarant tout en demeurant profondément humain et généreux.

Entretien avec Pierre Etaix : cliquez ICI
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Pierre Etaix
Yoyo / 1965
Fiches détaillées Wikipédia : Pierre Etaix et Yoyo

Yoyo

samedi 12 janvier : L’Odeur de la papaye verte / Tran Anh Hung

« Lorsque j’ai écrit l’Odeur de la papaye verte, je voulais parler du problème de la servitude qui est au coeur de la condition de la femme vietnamienne. Cette servitude étant très liée à la tradition et à l’éducation, elle se perpétue par un recommencement continuel. Ce mécanisme m’offrait naturellement une construction narrative en boucle que je n’ai finalement pas adoptée. C’est ainsi que, tout en cherchant à maintenir cette idée de recommencement, j’ai préféré un récit en deux mouvements, dont le premier décrit le fonctionnement de cette servitude depuis son apprentissage, jusqu’à son acceptation totale, érigée en tradition, en passant par le moment où, vieillissante et abandonnée par l’homme, la femme continue pourtant à le servir. A dessein, j’ai omis dans ce premier mouvement l’étape essentielle que je décris dans le second, celle, lumineuse où la femme rencontre l’amour d’un homme. L’amour va vider la servitude de son contenu aliénant et, la transcendant, lui fera accéder à un état spirituel où elle devient sacrifice et don de soi. Cette construction rend mieux compte de l’extrême complexité des rapports ambigus entre la servitude et l’amour. C’est une manière de montrer à quel point l’amour libère la femme de sa servitude tout en l’y enfermant davantage. Les séquences et le filmage suivent la logique des travaux quotidiens des femmes. D’où une grande importance accordée à la description du quotidien. A force de le scruter minutieusement, je cherchais à entrevoir, à travers les gestes de la femme, la densité du rituel. »
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« Le film se passe dans les années 50. A cette époque, les Français étaient encore présents au Vietnam. Si j’ai choisi de ne pas les montrer, c’est parce que je voulais que cette histoire se passe dans un petit quartier, calme, typiquement vietnamien. Je devais aussi, pour la cohérence de mon propos, tenir le public français à l’écart de toute tentative nostalgique. L’action se déroule à Saigon, alors que les champs de bataille étaient dans le nord, c’est pourquoi la guerre n’est ici que suggérée. J’ai situé le film à cette époque, parce que j’avais besoin de regarder derrière moi, besoin d’un passé cinématographique national que je n’avais pas. Alors je l’ai créé. C’était une nécessité psychologique. Je l’ai créé pour pouvoir maintenant travailler le présent, car dans tous mes projets d’avenir, seul le Vietnam d’aujourd’hui m’intéresse. »
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Tran Anh Hung
L’Odeur de la papaye verte / 1993
Fiche détaillée Wikipédia

L'Odeur de la papaye verte

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