samedi 18 mai : Le déjeuner sur l’herbe / Jean Renoir

Le professeur Étienne Alexis est un fringant biologiste, apôtre de la fécondation artificielle grâce à laquelle il veut améliorer la race humaine. Un projet de mariage arrangé avec une responsable allemande de mouvements de jeunesse doit propulser sa candidature à la présidence de l’Europe. Seulement, au cours d’un pique-nique en pleine nature, il fait la connaissance de Nénette, une fille de la campagne, qui se met à sa disposition comme sujet d’expériences puisque, justement, elle n’est pas tellement portée sur les hommes. Le paysage idyllique et le charme naturel de la jeune paysanne, font oublier à Étienne son projet et le ramènent à la méthode naturelle.
Avec son titre qui fleure bon la campagne et la peinture impressionniste, on pourrait considérer Le Déjeuner sur l’herbe comme un remake 50′s technicolor d’Une Partie de campagne. Erreur ! Renoir réalise ici un extraordinaire pamphlet où il met en scène les camelots du progrès qui se contrefoutent du monde, de la nature et ne se soucient que de sécurisation, d’aseptisation et d’uniformisation. Le Déjeuner sur l’herbe n’est pas un simple plaidoyer écologiste. Renoir ne dénonce rien. Il promène un miroir le long d’un chemin de campagne. Il sait que ce charmant chemin sera bientôt bitumé par les ingénieurs du bonheur.
C’est beau comme une fable rousseauiste : par un concours de circonstances digne d’un conte de fées, un biologiste fanatique, qui ne rêve que de reproduction artificielle et parle d’amour avec autant de délicatesse qu’un proctologue, se perd dans une vaste forêt où il rencontre des jeunes gens, idéalistes comme lui, mais ivres de vie, de chair et de vin. Renoir ne mène jamais le spectateur par le bout du nez. Il ouvre des tableaux-saynètes ; à chacun de voir et d’entendre les messages cachés au fil de répliques souvent dignes de Ionesco. Satire foisonnante et jubilatoire, Le Déjeuner sur l’herbe est génialement prophétique. Quarante-cinq ans après, ces enragés du progrès, ces apôtres d’une société publicitaire qui n’ont que le politiquement correct à la bouche, ont pris le pouvoir et mènent la danse.
(Luc Arbona / les Inrocks)

Image de prévisualisation YouTube
Jean Renoir
Le Déjeuner sur l’herbe / 1959
Fiche détaillée Wikipédia

Le Déjeuner sur l'herbe

samedi 6 avril : Les Glaneurs et la Glaneuse / Agnès Varda

samedi 6 avril : Les Glaneurs et la Glaneuse / Agnès Varda dans Agnès Varda gg-150x150A première vue, l’affiche de Les Glaneurs et la Glaneuse invite à la corvée de patates. Mais regardez bien la forme de ces pommes de terre mouchetées. Chacune a deux ventricules rondelets, comme un coeur humain.
Partie du mot « glaner », charmant et désuet, dont elle filme la définition dans un vieux dictionnaire, Agnès Varda sillonne la France avec sa petite caméra numérique, à la recherche des glaneurs d’aujourd’hui. Et comme toujours, son oeil de colibri fureteur excelle à dégotter les perles rares dans la foule des anonymes. De ces gens exceptionnels dont l’excentricité obstinée vous regonfle à bloc. Un viticulteur psychanalyste adepte de l’«antiphilosophie du sujet», capable de réciter tout Du Bellay à brûle-pourpoint. Un alphabétiseur expert en biologie, qui survit en croquant les restes des marchés à même le trottoir. Un seigneur en bottes de sept lieues caoutchoutées, fier de se nourrir «100 % poubelles depuis dix ans, et jamais malade»
Construit comme un jeu de l’oie, le film saute d’une rencontre à l’autre, sans autre règle que celle du coq-à-l’âne, le pêché mignon d’Agnès Varda, qui fait office de guide de vie, de passeuse pas sage ouvrant nos yeux sur une réalité révoltante. Celle d’un deuxième millénaire perpétuant une tradition de survie rase-mottes : le glanage. On ne courbe pas l’échine pour les mêmes raisons. Certains le font par besoin, par plaisir ou par philosophie. Mais tous reproduisent un geste que les hommes préhistoriques répétaient déjà. Le temps ne fait donc rien à l’affaire. Voilà ce qui passionne Agnès Varda, qui signe aussi un essai philosophique, «stroboscopique, narcissique et même hyperréalistique» sur le temps qui passe. (Marine Landrot / Télérama)
Image de prévisualisation YouTube
Agnès Varda
Les Glaneurs et la Glaneuse / 2000
Fiche d’analyse à télécharger :

fichier pdf Fiche les Glaneurs et la Glaneuse
Fiche détaillée Wikipédia

Les glaneurs et la glaneuse

samedi 2 mars : Brève rencontre / David Lean

Adapté d’une pièce de Noel Coward, Brief Encounter (Brève Rencontre en français) traite d’un sujet encore largement sulfureux pour les « bonnes moeurs » et le public de 1945 : le désir et l’amour adultérins. A l’instar d’un Billy Wilder (Sept ans de rélexion, Certains l’aiment chaudLa Garçonnière, Irma la Douce, Embrasse-moi idiot, entre autres !), ou d’un Ernst Lubitsch (Sérénade à trois) mais sur un tout autre mode – nous ne sommes pas ici dans le registre de la comédie -, David Lean doit en premier lieu éviter la menace de la censure, mais aussi de choquer le public. Le futur réalisateur de Lawrence d’Arabie et de Docteur Jivago réalise alors un film subtil, aux lectures plurielles. Et si la question de la censure, aujourd’hui, ne se pose plus tout à fait dans les mêmes termes, le sujet, lui, est toujours aussi brûlant. Et sans réponse.
« Dans une gare de la banlieue londonienne, un homme et une femme se font des adieux discrets et définitifs. Ils se sont rencontrés ici même à la faveur d’un de ces accidents du destin qui sont à l’origine des plus émouvantes histoires d’amour.
Au sortir de la guerre, la critique et le public ont salué ce mélo héroïque. Le ton est réaliste. On pénètre dans la sympathique trivialité de la petite bourgeoisie, voire du prolétariat anglais : les gens parlent de tout et de rien dans les espaces collectifs où les deux protagonistes vivent leur histoire d’amour. Ces petites gens ne sont pas caricaturés ni méprisés. Ce souci de montrer la vie se double d’une atmosphère esthétique, qui évoque les belles heures du réalisme poétique. Tout cela fonctionne ensemble : la vie quotidienne, les images de type «fantastique social» qui exaltent cette réalité et le cas cornélien de deux amoureux. Leur aventure est devenue mythique : celle d’un amour impossible. Un grand film romantique, totalement réussi. »

Image de prévisualisation YouTube
David Lean
Brève rencontre / 1945
Fiche détaillée Wikipédia

Brève rencontre

1...1415161718



Videopassion07 |
maillot de bain push up,www... |
A crazy world |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Freddyvsjason
| Ilmiocinema
| Vieetpassionsdethierry