samedi 7 janvier : Pension d’artistes / Gregory La Cava

Dès son entrée au Footlights Club, une pension new-yorkaise, la très belle Terry Randall, issue de la bonne société du Middle West, suscite des jalousies. Ses bonnes manières tranchent au sein de la troupe des chorus girls. Sa colocataire, Jean Maitland, n’est pas la dernière à la détester. L’autre moitié de son mépris, Jean la réserve à la sophistiquée Linda Shaw, dont la liaison avec un producteur, Tony Powell, la scandalise. Seule la douce Kay Hamilton fait l’unanimité de ses collègues. Toutes l’adorent. Terry ignore les appels à la raison de son père et persiste dans sa volonté. Elle deviendra une actrice de premier plan. Elle prend des leçons auprès de Catherine Luther, une vedette déchue…
Pension d’artistes (Stage Door) est un des plus beaux films produit par la RKO durant les années 30 et constitue une étape importante pour ses participants. Le film adapte une pièce à succès jouée à Broadway : les différents destins d’aspirantes artistes féminines vivant en communauté dans une modeste et bouillonnante pension.
http://www.dailymotion.com/video/x2k4kfy
Gregory La Cava
Pension d’artistes (Stage Door) / 1937
avec Katharine Hepburn, Ginger Rogers, Adolphe Menjou, Lucille Ball, Ann Miller…

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Pension d'artistes

3 décembre : La Blonde et moi / Frank Tashlin

Marty « Fats » Murdock le mafieux, ex-caïd du flipper, confie sa blonde à Tom Miller, impresario sur le retour, pour la propulser dans le firmament du show-business… La chevelure blonde peroxydée, les lèvres rouges et pulpeuses, la moue aguicheuse, le déhanché provocant… tout ceci n’est qu’un masque, une persona, un personnage. Satire du showbiz, La Blonde et moi n’a peut-être pas le mordant d’un Billy Wilder, mais ne manque pas de piquant pour autant. Dans le voisinage de ce que proposera Blake Edwards, cette farce élégante est bien plus qu’une sympathique série B. Tashlin y déploie une esthétique très graphique qui parvient à traiter de la vulgarité sans y plonger, maintenue par une certaine sophistication du cartoon. Dessinateur, le réalisateur a fait ses armes auprès de Max Fleischer – le papa de Popeye – et Leon Schlesinger, créateur de la Warner Bros Cartoons, avant d’intégrer l’équipe de Walt Disney. Il utilise habilement ici les codes du cartoon, exacerbant les formes hallucinantes de son actrice d’une contre-plongée. Sur son passage, un gamin siffle tel le loup de Tex Avery, la glace fond à vitesse grand V, les verres de lunettes se brisent, le lait déborde des bouteilles… Plus qu’un effet de style, ces effets dévastateurs constituent le ressort dramatique même du personnage, bimbo malgré elle. Un film précieux sur les fifties. Estelle Bayon / Critikat
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Frank Tashlin
La Blonde et moi (The Girl Can’t Help It) / 1956

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LBEM

samedi 5 novembre : Le Goût du saké / Yasujirō Ozu

Le Goût du saké reprend d’ailleurs la trame de Printemps tardif (1949), celle d’un père veuf, Hirayama (incarné dans les deux films par Chishū Ryū, acteur fétiche d’Ozu), qui réalise à regret que sa fille Michiko (Shima Iwashita) est en âge de se marier et qu’il va bientôt devoir se séparer d’elle.
Le dernier film du cinéaste, apparaît logiquement comme l’un des plus aboutis de son œuvre, et certainement le plus épuré formellement : plans fixes (pour lui les mouvements de caméra ne sont pas compatibles avec la couleur), cadrage précis (les yeux des personnages sont toujours au même endroit), raréfaction du mouvement à l’intérieur d’un cadre rigide (volutes de fumée, mouvements de tête), dialogues qui ne se superposent jamais à la coupe (il chronométrait les images !). Ce système formel complexe a la particularité d’avoir une énonciation extrêmement marquée qui ne s’indexe pas sur la perception réelle (non énoncée) mais crée au contraire une perception proprement cinématographique, délestée du poids de la réalité (même le jeu des acteurs est non naturaliste) permettant de revenir à l’essentiel. Et l’essentiel pour le cinéaste est avant tout ce lien ténu qui existe entre les êtres : qu’ils soient parents, voisins ou amis, Ozu cherche à saisir dans toutes ses variations cet être avec qui comptait plus pour lui que toute morale individuelle. Son œuvre est une comédie humaine où se croisent des pères, des fils uniques et l’amour des mères, et où chacun, avec la grandeur qui lui est propre, se définit aussi par l’autre et sait croire en lui. Sara Ri / Critikat
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Yasujirō Ozu
Le Goût du saké / 1962

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Le gout du sake

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