samedi 15 octobre : Queen of Montreuil / Sólveig Anspach

De retour de Jamaïque avec son fils, Anna est coincée en France à cause de la crise qui touche son pays et de la faillite des compagnies aériennes islandaises. Heureusement, le duo tombe à la douane sur Agathe, jeune veuve qui rapporte les cendres de son mari d’un pays indéterminé. C’est ainsi que s’ouvre la fiction : par la confrontation de ces deux mondes, dans l’espace transitoire de l’aéroport. Agathe héberge donc Anna et Úlfur dans son charmant appartement montreuillois, qui va devenir le théâtre de l’évolution de cette protagoniste. De jeune veuve en effet elle deviendra « Queen of Montreuil » : quand elle aura fait son deuil.
Queen of Montreuil fait le choix subtil de se poser en plein dans l’écart entre divers éléments antagonistes, jouant avec brio sur le motif du décalage. Ce sont ces deux mondes, jamais clos : symbolisés par Anna d’un côté, fumeuse d’herbe hédoniste et délurée ; Agathe de l’autre, en deuil, mélancolique, désœuvrée. Ce sont aussi des choix esthétiques : le film oscille toujours entre une spontanéité absurde et délectable, la fantaisie de la fable (notamment dans l’histoire secondaire entre Anna et Samir, qui se rencontrent en haut d’une grue), et la mélancolie du manque, du doute. La principale qualité et la généreuse vigueur du film sont avant tout dans cette variété de tons et le décalage constant qu’elle impose. Sans crier gare, le film passe d’un bond du sérieux, de la nostalgie la plus douloureuse au comique le plus amusant (voir l’excellente scène avec Sophie Quinton : déchirante et incongrue tout à la fois). La ligne trop traditionnelle du scénario est donc sublimée par l’audace thématique (éloge de la simplicité, du partage, de « l’or du pauvre » – le cannabis), par l’originalité symbolique (le phoque qui matérialise l’absence du défunt et le deuil à venir), par le mordant des dialogues tirant toujours vers l’absurde.
Si le but d’Anspach était de partager humour et énergie avec son spectateur – un but si simple et pourtant périlleux – c’est gagné. Marianne Fernandez / Critikat
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Sólveig Anspach
Queen of Montreuil / 2013

Fiche détaillée Wikipédia

Queen of Montreuil

Mercredi 5 octobre : Yoyo / Pierre Étaix

Dans le cadre de la Semaine Bleue,
Le ciné-club La Vie est belle organise -  en collaboration avec le Théâtre de la Noue

la projection exceptionnelle de
Yoyo, petit bijou de Pierre Etaix
mercredi 5 octobre à 14h
La projection sera suivie d’un goûter

Un riche aristocrate s’ennuie dans son grand château… Lors du passage d’un cirque, il retrouve un ancien amour, qui est devenue dresseuse de chevaux, et fait la connaissance de son fils : le petit Yoyo…
Vient la crise de 1929. Désormais sans argent, la petite famille part en carriole sur les routes et présente un spectacle de ville en ville, dans lequel le petit Yoyo prend goût au monde du spectacle vivant.
Yoyo, chef d’œuvre de Pierre Etaix, à l’image de l’évolution du cinéma, commence par des séquences muettes, pour devenir soudainement parlant. Yoyo est une Comédie irrésistible où les gags s’enchaînent à toute vitesse, qui fait preuve d’une originalité et d’une inventivité sans bornes.
Comique, émouvant, Étaix se situe quelque part entre Charlie Chaplin et Jacques Tati… C’est fin, c’est beau, c’est plein de poésie ; c’est merveilleusement écrit et magnifiquement pensé ; c’est hilarant tout en demeurant profondément humain et généreux.

Yoyo

Théâtre de la Noue
12, place Berthie-Albrecht

Projection gratuite
réservations : 06 32 98 82 89

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samedi 4 juin : L’Homme qui tua Liberty Valance / John Ford

L’Homme qui tua Liberty Valance est un film nostalgique. Ford y célèbre pour la dernière fois les valeurs de l’Ouest américain, tout en annonçant leur disparition en faveur du progrès de la démocratie et de l’industrialisation. Le fait que les personnages principaux soient au nombre de trois a son importance. Chacun à sa manière symbolise un des visages de l’Amérique. Liberty Valance (incroyable Lee Marvin, l’un des meilleurs « méchants » de l’histoire du cinéma américain) est la part sombre de l’individualisme de l’Ouest. Il n’obéit qu’à la loi du plus fort (en l’occurrence lui-même), et chacun de ses désirs doit être satisfait sur le champ, même s’il faut recourir au meurtre. John Ford accroît la terreur qu’inspire sa présence à la population de Shinbone en raréfiant et en théâtralisant chacune de ses apparitions. Au fond, le deuxième personnage, Tom Doniphon, a beaucoup plus d’affinités existentielles avec ce voyou égoïste qu’avec Ransom Stoddard. Mais il a décidé de mettre son individualisme au service de la justice et de l’honnêteté. Il sait qu’à l’Ouest, une bonne gâchette vaut mieux que tous les livres de loi imaginables. Mais il reconnaît aussi, en acceptant sa défaite (amoureuse et « héroïque ») face à Stoddard que son monde est voué à disparaître. L’Ouest qu’incarne le cow-boy John Wayne ne peut plus résister à l’invasion du chemin de fer et à la progressive constitution des « États-Unis ». Sa mort sonne le glas d’une époque, sur laquelle John Ford se permet de verser quelques larmes.
Mais si Ford s’était contenté de cette opposition entre les deux faces de Janus, son Liberty Valance n’aurait peut-être été qu’un western de plus dans la carrière du grand cinéaste. Coup de maître, il introduit un troisième personnage, un autre « bon », Ransom Stoddard, dont les motivations et les valeurs sont bien différentes de celles de Tom Doniphon. Le véritable duel est celui qui oppose ces deux faces du bien, ces deux philosophies de l’Amérique : celle d’un homme pour qui seul compte son bien-être et celui de son entourage ; et celui pour lequel l’engagement collectif en faveur du progrès est l’unique source de bonheur. Ransom Stoddard n’est peut-être pas le héros auquel va spontanément la sympathie du spectateur, mais l’Histoire lui donnera raison. John Ford le charge de symboliser les valeurs américaines que le vieux cinéaste a défendu avec acharnement durant sa longue carrière : Stoddard soutient la liberté de la presse, créé une école où il enseigne l’égalité entre les hommes, il organise des élections libres… Finalement, il ne serait pas faux de dire que, pour Ford, Tom Doniphon et Ransom Stoddard sont complémentaires. Tous deux expriment la complexité de la philosophie fordienne : exaltation du courage, de la virilité, de « l’homme fort », mais lutte contre l’injustice et défense des opprimés.
L’ironie du sort réside dans cette dernière réplique, devenue mythique, du journaliste qui refuse de publier le véritable nom de l’assassin de Liberty Valance et qui s’explique en ces termes : « à l’Ouest, quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende. » Ophélie Wiel / Critikat / Texte intégral ICI
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John Ford
L’Homme qui tua Liberty Valance / 1962
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l'homme

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