samedi 9 novembre : Le Temps qu’il reste / Elia Suleiman

Le Temps qu’il reste est un journal intime qui tricote la grande Histoire avec celle, familiale, du réalisateur ; l’une et l’autre se recoupent et tracent le tableau de la Palestine de 1948 à nos jours : la capitulation de Nazareth dont le grand-père d’Elia Suleiman est alors le maire ; 1970 et 1980, l’enfance et l’adolescence, puis aujourd’hui. Quatre chapitres pour travailler le temps qui passe, celui aussi qu’il nous reste… à vivre, espérer, ou désespérer. Chacun des plans du film porte à la fois une vérité documentaire presque palpable et une intention abstraite à éclaircir tout en renvoyant, par un effet de rimes burlesques, à ce même message pourtant désespérant d’un cataclysme sur le point d’advenir. Cette capacité à osciller sans cesse entre deux pôles : documentaire/fiction, événement/structure et burlesque/tragique donne une puissance mystérieuse et bouleversante à chacun des plans du film, si beaux et, en apparence, si simples. Un film essentiel.

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Le Temps qu’il reste
Elia Suleiman / 2009

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Le Temps qu'il reste

samedi 12 octobre : L’Assassin habite au 21 / Henri-Georges Clouzot

Paris est sous tension à cause des crimes commis par un mystérieux tueur en série, Monsieur Durand. Grâce à un informateur, le commissaire Wens apprend que l’assassin fait probablement partie des résidents de la pension des Mimosas, située 21 avenue Junot. Il décide alors d’aller enquêter sur place, en se faisant passer pour un homme d’église. Il y est très vite – et malgré lui – rejoint sur place par sa compagne, Mila Malou, chanteuse de cabaret bien décidée à résoudre l’enquête par elle-même ! Mais sur place, le mystère s’épaissit, tant tout le monde semble avoir quelque chose à se reprocher…
Avec L’Assassin habite au 21, Clouzot adapte le roman de Stanislas-André Steeman et propose à l’auteur belge de venir travailler avec lui à Paris. L’action du roman, située à Londres, est ramenée à Paris tandis que le mystérieux assassin, Mister Smith, est renommé Monsieur Durand. On peut considérer que L’Assassin habite au 21 initie une sorte de trilogie « criminelle et sociale » dans la France des années 40, qui sera ensuite complétée magistralement par Le Corbeau puis Quai des Orfèvres. Clouzot établit le portrait aussi drôle que sinistre d’une France rongée par le mal sourd de la désunion : parce qu’ils se méfient les uns des autres, parce qu’ils sont habités par la crainte et le soupçon, les gens s’abaissent à la soumission et à la haine. Un petit bijou de comédie policière, truculente et irrévérencieuse, qui conserve aujourd’hui encore son charme inaltérable et son poids historique, en ce qu’elle marque avec une infinie élégance la naissance artistique d’un cinéaste majeur.

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L’Assassin habite au 21
Henri-Georges Clouzot / 1942

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Fiche critique complète sur DVD Classik

L'Assassin habite au 21

samedi 1er juin : Cry Baby / John Waters

Tout commence à Baltimore, comme souvent chez John Waters. Nous sommes au milieu des années 1950. Deux bandes rivales règnent sur le lycée : les « coincés » et les « frocs moulants ». Lors d’une séance de vaccination collective, les yeux de la prude Allison (Amy Locane) ne peuvent résister au charme de Wade (Johnny Depp). Les cheveux gominés, le blouson en cuir de rigueur, Wade est le chef des « frocs moulants ». Il est surnommé « Cry-Baby » parce que lorsqu’il pleure, une seule petite larme coule sur sa joue. Les deux lycéens vont tomber follement amoureux. Et bien évidemment, ce n’est pas facile car tout les oppose. Allison est une fille à papa chaperonnée par sa grand-mère. Elle a déjà un fiancé attitré, coincé de chez coincé ; Cry-Baby, lui, roule en moto, aime le rock’n’roll et a des amis peu fréquentables, du moins aux yeux des habitants de Baltimore. Bref, c’est un vrai rebelle…
On l’aura compris, avec cette trame très attendue, John Waters rend un hommage assumé aux teen-movies musicaux américains. Il cite aussi bien Grease (Amy Locane a un timbre de voix identique à celui d’Olivia Newton-John) que La Fureur de vivre (la séquence finale de course de voitures), Le Rock du bagne (pour le côté rockeur de Johnny Depp) ou encore West Side Story (une histoire d’amour contrariée entre deux bandes ennemies). Les références sont appuyées, le jeu des comédiens délibérément outré (ici le premier baiser est plus proche de la soupe de langues), mais on n’est pas pour autant dans la parodie pure. À l’inverse d’un Mel Brooks où le détournement des codes suffit souvent à générer le rire, John Waters lie toujours sa démarche transgressive à une critique sociale. Du coup, cela nécessite aussi de la part du spectateur une certaine acuité et un second degré pour voir au-delà du kitsch. C’est sûrement ce qui explique que Cry Baby a été un semi-échec lors de sa sortie aux États-Unis, le public ne percevant pas toujours l’ironie de l’histoire et de la mise en scène. Nicolas Maille / Critikat / voir la note intégrale ICI

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Cry Baby
John Waters / 1990

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cry bab aff

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